Résultats du 5ème Baromètre Européen des Seniors
Dans un contexte sanitaire exceptionnel, la 5ème édition du baromètre des seniors, conduit auprès de 8 000 personnes dans 4 pays (France, Allemagne, Italie, Belgique) aborde le moral des seniors et met cette année l'accent sur l'accessibilité de la ville et des services dans les territoires.

la part des seniors déclarant bien vivre leur âge atteint cette année un niveau record avec 80% des 65 ans et plus 

Un niveau jamais atteint y compris dans des pays très durement touchés par l’épidémie de Covid-19 tels que l’Italie (80%, +7 points) ou la France (78%, +9 pts). Ce sentiment progresse particulièrement chez les plus âgés (84% des 80 ans et plus, +13 pts).

Si la vie reste aujourd’hui une source de plaisir pour une majorité de seniors (72%), ce chiffre est en baisse continue depuis 2014 (-12 points depuis 6 ans) et en recul de 3 points depuis 2018. En fait, c’est le niveau de dépendance qui est le facteur le plus clivant : 58% des personnes très dépendantes (éprouvant des problèmes de santé ou des difficultés importantes et ont besoin de beaucoup d’aide) considèrent qu’elles n’éprouvent plus le plaisir de vivre, de même que 40% de celles qui ont quelques petits soucis de santé et besoin d’un peu d’aide.

 

Un constat sévère : la ville n’est pas adaptée ni aux seniors, ni aux plus jeunes !

Les seniors jugent très durement l’adaptation de leur ville à la vie des personnes âgées.  Sur les 11 critères testés, qui vont de l’accessibilité des services de santé à la sécurité, la note moyenne d’accessibilité des services dans la ville accordée est de 4,5/10 seulement. Les plus jeunes partagent ce constat avec une note équivalente, conscients de la piètre adaptation de leur territoire aux plus âgés.

Face à une incapacité d’utiliser leur voiture et des difficultés pour marcher, seule une minorité de seniors pourrait facilement continuer à fréquenter les commerces et services dont ils ont besoin : 48% pourraient facilement se rendre dans les commerces de proximité s’ils existent encore.

 

Des solutions existent et sont plébiscitées par toutes les générations : des services de proximité itinérants ou à inventer en maisons de retraite

Pour la grande majorité des seniors, la mise à disposition de services itinérants serait utile et permettrait de palier l’insuffisante accessibilité de leur ville. Ils sont une large majorité à souligner l’utilité de services publics itinérants pour aider dans les démarches administratives (83% dont 36% qui considèrent qu’il serait essentiel de mettre ce service en place), alors que la dématérialisation des démarches laisse une partie de la population démunie et pas seulement les seniors.

C’est également le cas des cabinets médicaux itinérants (77% dont 31% « essentiel ») qui pourrait permettre de palier les déserts médicaux, mais aussi des commerces et services culturels itinérants (bibliobus, camionnette boulangerie, épicerie…) (77% dont 28% essentiel) ou encore un service de covoiturage / navette collective / cars scolaires dédiés aux personnes âgées.

L’originalité de cette enquête est d’avoir interrogé sur les services qui pourraient être mis à disposition de tous dans les maisons de retraite. En effet, le maillage des maisons de retraite est très serré : 70% déclarent vivre à moins de 5 km d’une maison de retraite.

Les seniors sont particulièrement intéressés par des points d’accès aux services publics (64%) ou un médecin / une maison de santé (63%), mais aussi un distributeur de billets (61%), un parc / jardin (60%) ou un marché (59%). L’intérêt est logiquement encore plus fort lorsque ces services sont perçus comme faisant défaut à proximité. Il est également très présent chez les moins de 65 ans, qui ont aussi peut-être moins de réticence à envisager de franchir les portes d’une maison de retraite.

 

« La demande autour de ces nouvelles solutions démontre une grande ouverture d’esprit des seniors, qui devrait inspirer les futurs débats autour de la loi grand âge et autonomie. Il est vraiment temps de comprendre que les européens ont largement changé de regard sur le vieillissement ! » réagit Serge Guérin, Président du Conseil Scientifique de la Fondation Korian

 

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