Analyse des habitudes alimentaires des personnes âgées au domicile
La dénutrition peut augmenter le risque de chute, de fracture, de maladie neurodégénérative et de décès chez la personne âgée. La prévention de la dénutrition fait donc partie intégrante du suivi et de la prise en charge de la personne âgée, que celle-ci réside en maison de retraite ou à domicile.

La Fondation Korian a réalisé, entre juin et septembre 2015, une étude quantitative et qualitative des caractéristiques de l'apport alimentaire chez les personnes âgées à domicile en vue de prendre des mesures préventives clés pour assurer un vieillissement réussi.

L’objectif de cette étude était d’établir des typologies de mangeurs à risque plus ou moins élevé de malnutrition et de comprendre les différents modes de consommation alimentaire des personnes âgées afin d’établir des profils alimentaires grâce à l'Analyse de Facteurs Multiples.

Méthodologie de l'ETUDE

Nous avons utilisé un questionnaire standardisé à destination des personnes âgées vivant à domicile qui avaient recours à des services d’aide à la personne pour le portage de repas (société Azaé). Ce questionnaire comprenait plusieurs sections :

  • données socio-démographiques
  • niveau d'autonomie
  • contenu de réfrigérateur
  • repas et heure du repas
  • niveau socio-économique…

Le questionnaire était rempli au domicile par les auxiliaires de vie qui, durant la même semaine, le complétaient trois fois pour la même personne afin d’identifier l’ensemble des apports journaliers.

605 personnes ont été inclues dans l'étude.

RéSULTATS

L'âge moyen était de 85,3 ans avec 73,6 % de femmes. 70,1% vivaient en zone urbaine et 42,6% avaient un revenu entre 1000 et 2000 € par mois. 59% des participants ont déclaré avoir mangé par habitude, tandis que 33,7% ont déclaré manger pour le plaisir.

 

Nous avons identifié quatre groupes différents de mangeurs avec différents niveaux de risque de dénutrition :

  • Le groupe 1 : A risque de dénutrition

     (62 personnes - 10,3%) avec une consommation des aliments à un niveau inférieur à la moyenne globale.

  • Le groupe 2 : A risque modéré de dénutrition

     (208 personnes - 34,4%) pour lequel le déjeuner et le dîner sont généralement légers, avec un faible apport en protéines.

  • Le groupe 3 : Profil normal

     (167 de personnes - 27,6%) pour lequel la quantité de l'apport alimentaire correspond aux recommandations nutritionnelles quotidiennes. Les personnes du groupe 3 mangeaient généralement mieux à tous les repas, notamment avec plus de fruits, légumes et protéines.

  • Le groupe 4 : Profil idéal

     (168 de personnes - 27,7%) avec une consommation en grandes quantités et variée.

Les individus du groupe 4 sont les moins dépendants et avec le meilleur apport alimentaire en termes de qualité et de quantité. Ils étaient moins dépendants que les individus du groupe 1. 

 

conclusion

Ces résultats montrent qu'il existe des profils de risque bien identifiés et incitent à une réflexion plus approfondie sur les types de conseils et d'aides appropriés et plus attractifs pour les personnes âgées. En effet, les mesures visant à prévenir la dénutrition devraient englober des conseils quantitatifs et qualitatives pour promouvoir le plaisir de manger.

Enfin, une meilleure compréhension des habitudes alimentaires peut favoriser la détection des comportements à risque et aider les soignants à promouvoir une meilleure nutrition chez les personnes âgées. La prévention de la dénutrition au domicile pourrait ainsi constituer un axe majeur dans le cadre de la promotion du maintien de l’autonomie et du bien vieillir.